10 novembre 2009
Les fusillés du 129e
Ce soir à 17h au monument aux morts, a eu lieu une cérémonie à la mémoire des quatres fusillés du régiment havrais (129e)
Henri Mille né le 22/08/1884 à Darnétal Capitaine au long cours puis caissier.
Adolphe Le François né le 07/07/1878 à Londres Militaire de carrière.
Marcel Lebouc né le 02/01/1893 à Mantes (Seine-et-Oise)
Marcel Chemin né le 21 mai 1894 à Ouilly-le-Vicomte
Voici les gerbes déposées
Voici le détail des faits :
Chronologie des événements
(selon J. Legoy Historien havrais)
« La grande attaque française commence le 16 avril 1917. Très rapidement il est évident que la percée est impossible, les pertes en hommes sont énormes (40 000 morts, 90 000 blessés en quinze jours). Le 15 mai, l’offensive est définitivement arrêtée. Le lendemain Nivelle cède son commandement à Pétain. Une immense désillusion accable les combattants, l’impression que tous les sacrifices consentis depuis 1914 ont été vains gagne les hommes. À partir du 4 mai 1917, des vagues de mutineries se répandent dans l’armée française sous forme « d’indiscipline », de désobéissance collective.
Le 26 mai, les hommes du 329e R.I. appelés à monter en ligne dans le secteur de l’Aisne envoient des délégués prendre contact avec ceux d’autres unités pour se concerter dans le but d’organiser un refus collectif d’obtempérer. À la fin du mois de mai, la rébellion va atteindre l’autre régiment havrais, le 129e R.I.
L’événement est pris très au sérieux par l’état-major car cette unité, le régiment « coup de poing » du général Mangin, est une des plus réputée de l’armée. Après avoir participé à l’assaut du fort de Douaumont près de Verdun, le 129e avait été mis au repos à partir du mois de mars dans la région parisienne. Le 27 mai, il est embarqué pour la région de Soissons afin de participer à la bataille de l’Aisne.
Le 129e arrive le 28 près du champ de bataille, à Coeuvre-et-Valsery entre Villers-Cotterêts et Soissons.
Le soir même, après la soupe, L’explosion se produit : 150 à 180 hommes s’assemblent en meeting et écoutent certains des leurs improvisés orateurs qui expriment leur ras le bol et parlent de paix. Il se forment ensuite en colonne sur la route, et aux officiers venus à leur rencontre, ils disent leur résolution, mais sans violence d’aucune sorte : ils en ont asse les assez, ils veulent la paix. Il fallait, disent-ils, discuter en décembre les propositions de paix allemandes, leurs femmes et leurs enfants crèvent de faim tandis que les embusqués à l’arrière prennent toutes les places et que les profiteurs s’enrichissent. Tout cela proclamé avec fermeté, mais sans vocifération. Les officiers sont respectés et les manifestants obéissent aux injonctions de se disperser.
La consigne des officiers, approuvée par le général lui-même, est de fermer les yeux et de faire preuve de patience.
Le matin du 29 mai, les manifestants de la veille se reforment en colonne , ils sont maintenant 400. Ils parcourent les cantonnements, débauchant les deux autres bataillons du régiment. Mais le calme ne les abandonne pas. Au commandant de l’infanterie divisionnaire, ils déclarent : « Nous monterons aux tranchées, nous ferons notre devoir, les boches ne passeront pas, ne craignez rien là-dessus. Seulement, nous ne ferons plus d’attaques qui entraînent des pertes inutiles ». Ils réitèrent cette résolution devant le général Lebrun, commandant du 3e corps accouru en toute hâte.
La seconde nuit de la sédition se passe sans incidents. Au matin du 30, ordre du G.Q.G., des camions arrivent dans les cantonnements pour enlever les trois bataillons. Les hommes sont embarqués et sont dirigés, non vers le front, mais dans la région de Verdun. Pendant le trajet, des drapeaux rouges sont agités, dans la traversée des cantonnements, l’internationale retentit des camions et les soldats font le geste des bras en l’air pour entraîner leurs camarades qui, avec un certain étonnement, regardent passer ce singulier convoi.
À leur arrivée, les hommes du 129e sont isolés. Le haut-commandement fait procéder à des arrestations et à des jugements rendus par une cour martiale composée de militaires et appliquant une procédure simplifiée, parfois expéditive. Un caporal et trois soldats sont condamnés à mort pour « Abandon de poste et refus d’obéissance devant l’ennemi », quatre condamnés à mort « pour l’exemple », sur plusieurs centaines de mutins. Les pelotons d’exécution sont fournis par le régiment lui-même et l’exécution a lieu le 28 juin 1917. Le 29, le 129e se voit retirer son drapeau. Le bataillon le plus coupable de rébellion est dissout.
Dès le mois de juillet, les deux bataillons restant se comporteront très honorablement devant Verdun et le 129e retrouvera son drapeau. »
Version officielle de l’armée
Extrait de G. Pédroncini Les mutineries de 1917 PUF
« Le 28 mai, vers 19h30, se forme à L’Échelle un rassemblement séditieux de soldats du 129e RI (Bataillon Auberge), dans un but de protestation contre la guerre, c’est-à-dire qu’ils refusaient de remonter aux tranchées. Le commandant Auberge réagit en envoyant quelques officiers pour ramener le calme. Les hommes ont accepté de renter en ordre dans leurs cantonnements…
.. Le commandant s’inquiète et s’enquiert des raisons qui ont poussé ses soldats à une telle rébellion. Les réponses qu’il obtient sont précises : leur mouvement n’a pas été dirigé contre les chefs mais contre la guerre dont on n’entrevoyait pas la fin, et contre les pouvoirs publics qui se désintéressaient d’eux et de leurs familles… Ils ne voulaient plus participer à des offensives qui occasionnaient des pertes très lourdes sans aucun résultat..»
Suite à cet incident, le général Roig déclare
« C’est un mouvement uniquement politique…
il faut donc que la persuasion s’allie à la fermeté »
« Le soulèvement paraît donc incompréhensible sur le plan militaire au commandement : une division d’infanterie très reposée, dont un des régiments, le 36e RI, n’a plus été dans les tranchées depuis 6 mois. Ainsi, l’explication qu’il en propose est tout naturellement l’existence d’influences extérieures et nouvelles…. Dès le 31 mai, le capitaine Saint-Martin, dans un compte-rendu de mission de surveillance (à propos du 129e RI) estime qu’il existe une organisation générale du régiment poussant les soldats à la rébellion, et rapporte l’opinion des officiers qui croient à l’existence d’agent de la CGT. Les
Version reçue à l’Élysée
(Extraite d’Au service de la France R.
29 mai. – Le colonel Herbillon m’apprend qu’il y a des symptômes d’indiscipline dans l’armée. Le moral se gâte. (…) Herbillon me répète que les symptômes d’indiscipline se multiplient dans l’armée. A Dormans, ces jours-ci, des soldats ont crié : « Vive la révolution ! A bas la guerre ! « Une compagnie a refusé de sortir des tranchées.
30 mai. – Le général Franchet d’Esperey a signalé au général en chef qu’à la dernière heure, à la suite de conciliabules entre soldats, deux régiments, le 36e et le 129e d’infanterie, avaient décidé de « marcher sur Paris ». Des mesures ont été prises pour les disperser.
Il se confirme qu’a Dormans, des hommes ont crié : « A bas la guerre, et vive la révolution russe ! »
31 mai. – En comité de guerre, Pétain donne lecture de deux rapports sur les mutineries des 36e et 129e régiments d’infanterie. Les soldats n’ont pas manqué de respect à leurs chefs, mais ils ont décidé entre eux de s’emparer des trains, de se diriger sur Paris et d’envoyer une délégation à la chambre pour demander la paix immédiate.
Selon Guy Pedroncini, l’armée, dans son analyse des mutineries, avait d’abord avancé que les fauteurs de troubles venaient essentiellement du monde agricole. Dans une seconde analyse, elle privilégia le fait que les mutins « politiques » étaient issus des grands centres industriels.
Aucun des mutins n’étaient ouvrier d’industrie.
01 novembre 2009
Juste un petit tour à Paris
L'histoire du monde à chaque coin de rue :
Sur un quai de la Seine, prés du Palais de la Découverte, le monument en hommage au compositeur Komitas, au génocide arménien (1 300 000 mort) et aux combattants arméniens , engagés volontaires et résistants morts pour la France.
Le zouave du pont de l'Alma rappelant la bataille de Solférino.
Mur de verdure du musée du quai Branly sur les sociétés premières et non plus primitives.
Monument de la guerre d'Algérie ou les noms des morts pour la France défilent inlassablement.
La tour Eiffel éclairant le monde.
Une frise au premier étage affiche les noms de nombreux savants.
Eleftherios Venizélos fondateur de la Grèce moderne a vécu en exil dans cet immeuble du 22 rue Beaujon (8e) ou il décédera en 1936.
Pour plus de détail voici l'article de wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Elefth%C3%A9rios_Veniz%C3%A9los
Avenue des Champs-Elysées, voici la plaque du comte Henry de la Vaulx promoteur des transports aériens et ironie de l'histoire mort dans un accident d'avion.
L'article wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_de_la_vaulx
Toujours avenue des Champs-Elysées, un autre homme volant et brésilien un peu plus célébre :
Albert Santos Dumont
La découverte du Canada avec Samuel Champlain et Jacques Cartier prés du Palais de la Découverte.
Montmartre.
Souvenir d'une occupation oubliée :
L'occupation russe de Paris à la première chute de l'empereur Napoléon 1ier.
Encore Montmartre : Un grand moment de l'industrie automobile
Autre ironie de l'histoire : la Place du Tertre est maintenant interdite aux automobiles.
Pour finir, un peu de cinéma américain à Paris :
Les pyramides du Da Vinci Code au Louvre. Elles representent les principes masculin et féminin.
18 octobre 2009
Les américains au Havre
Autre ambiance anglo-saxone au Havre, les américains en 1944-45.
L'auteur parlant anglais se trouve embauché sur le port pour faciliter le travail entre les dockers et l'armée américaine.
Entre les blockhaus allemands, les quais effondrés, les grues et les navires coulés, la vie reprend avec un accent d'outre-atlantique et des trafics pas toujours légaux de chocolats, cigarettes, bourbons et rations de l'US Army. Bref toute l'ambiance de l'immédiate aprés-guerre.
27 septembre 2009
Le carnet dans la boue
Ecrit par Murielle Rousselin-Vaudor documentaliste TV pour France 3 Normandie, cet ouvrage raconte l'histoire d'amour entre une française veuve d'un soldat du 129e ri et un soldat britannique en convalescence au Havre aprés une blessure reçue sur le front des Flandres.
Trés documenté, il reflète bien l'atmosphère à la fois britannique et havraise de l'époque sur le port et dans les nombreux camps, hôpitaux et usines réquisitionnés par l'armée anglaise dont notamment le parc d'or servant de camp de repos pour les convalescents relativement valides.
21 septembre 2009
Entre deux mondes
Cette photo du début du 20e chinée chez le bouquiniste montre bien les deux principales facettes de la société havraise de cette époque : les ouvriers (du port en l'occurence) et la bourgeoisie d'affaires.
Il est amusant de noter que les premiers observent les seconds qui les ignorent totalement. Ce document est à la limite de la caricature entre les ouvriers à casquette avec leur crochet de dockers poussant un lourd chariot et les bourgeois en melon, haut de forme et cannes observant le sol visiblement boueux et glissant.
17 septembre 2009
Une ville pleine de femmes
Artiste.
Les jambes de la femme-tronc.
In(can)de(s)cente.
Amoureuse.
Aquatique et Pudique.
Maritime.
Végétale.
Dominatrice.
Corinthienne.
Protectrice
Généreuses
Endeuillées.
Maternelles.
Plantureuse.
Cavalière.
Réfugiées.
Enfantine et joyeuse.
Piétonne.
Eplorée.
Protectrice.
Solidarité féminine.
Française.
Belge.
Fannée.
Laborieuses.
Accueillante.
Prospère.
Agreste
15 septembre 2009
Opération Astonia
Jean-Claude et Jean-Paul Dubosc auteurs d'un remarquable ouvrage en 2 tomes "Le Havre 1940 - 1944" nous livrent dans ce DVD des documents cinématographiques originaux provenant des archives allemandes et de l'Impérial War Muséum" (Musée de la guerre britannique).
Les troupes britanniques ont été suivies de bout en bout par un reporter "embedded/embarqué" comme les journalistes le sont maintenant en Irak ou en Afghanistan.
Le reportage le plus impressionnant concerne les bombardements filmés depuis Honfleur.
La voix de Jean-Paul Dubosc très prenante n'a rien à envier à Daniel Costelle Documentariste de la série d'émissions "Les Grandes Batailles". La voix de La version anglaise est assurée par Roger Soulieux professeur d'anglais dans l'enseignement supérieur au Havre (Il fut mon prof d'anglais à l'IUT).
Un seul petit regret : le manque de cartes expliquant les manoeuvres des troupes britanniques sur le terrain détail important pour les non-havrais ne connaissant pas bien les lieux de cette bataille.
07 septembre 2009
Bateau-feu Le retour
Le bateau-feu est de retour dans le bassin vauban aprés des années d'absence.
06 septembre 2009
Le mauvais soldat Smith
Hués par la population à leur arrivée au Havre pour les bombardements des 5 et 6 septembre, les soldats britanniques ne suivirent pourtant pas tous les ordres de leur haut commandement pour la libération du Havre.
Un officier, le capitaine William Douglas Home du 141st Royal Armoured Corps dit "les crocodiles" refusa de participer avec ses chars lance-flammes à l'opération alliée de libération du Havre car selon lui la capitulation des allemands était inévitable et que le haut commandement britannique avait refusé l'évacuation des civils.
Ce refus d'obéir à ce qu'il considérait comme un crime de guerre lui valu d'être rayé des cadres de l'armée et d'effectuer un an de travaux forcés. Il ne regretta jamais son acte qu'il expliqua dans une pièce de théatre : "Le mauvais soldat Smith". En 1988, il demanda sa réhabilitation qu'il n'obtint pas.
Né le 3 juin 1912 à Edinbourg, il mourut le 28 septembre 1992 à Winchester.
Voici l'article de Paris-Normandie lors de son décés (publié le jeudi 1ier octobre 1992) :
Pour le détail des bombardements, il faut lire les deux excellents articles de Damien et Géo :
http://lehavrephoto.canalblog.com/
http://lehavredavant.canalblog.com/
05 septembre 2009
La mouette du lac
Juste une mouette au dessus du grand lac de Montgeon cet aprés-midi.
























































